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Drone Volt : nouvelle base (?)
information fournie par Le Cercle des analystes indépendants 11/06/2026 à 11:48

Jérôme Lieury
Jérôme Lieury

Jérôme Lieury

Olier Etudes & Recherches

Analyste financier, membre du Cercle des analystes

https://www.olier-etudes-recherche.fr/

Basée à Villepinte et cotée sur Euronext Growth depuis 2015, Drone Volt a réalisé un chiffre d'affaires de 8,7 millions d'euros en 2025. (Photo d’illustration générée par IA. Crédit : Adobe Stock)

Basée à Villepinte et cotée sur Euronext Growth depuis 2015, Drone Volt a réalisé un chiffre d'affaires de 8,7 millions d'euros en 2025. (Photo d’illustration générée par IA. Crédit : Adobe Stock)

Pour des considérations qui nous dépassent un peu parfois, les marchés d'actions aiment bien la High Tech et la Défense, mais on cherche toujours malgré tout le bon proxy boursier pour investir dans les drones, qui procèdent totalement de ces deux univers. De fait, les grands fabricants spécialiste de ce genre d'engins sont apparemment situés pour beaucoup dans des régions plutôt excentrées, et si on entend beaucoup parler de drones dans les médias occidentaux, ce n'est pas en bien généralement, surtout en ce moment .

De plus, beaucoup d'acteurs oeuvrant dans ce secteur porteur de ce côté-ci du monde ne sont pas cotés, le plus bel exemple étant l'américain Anduril, qui crée des drones, ou plutôt des systèmes militaires autonomes, pour tous usages, et n'a aucun mal à trouver des investisseurs privés, en doublant de taille et de valorisation tous les ans. Et les rares acteurs cotés se trouvent avant tout parmi les midcaps, comme Exail Technologies, qui se cantonne aux drones maritimes et démineurs, ou Parrot, qui produit du drone aérien et a réussi sa reconversion dans les applications militaires et la cartographie après avoir échappé de peu à la destruction face aux fabricants chinois, ou encore Drone Volt, qui est toujours là aussi malgré un parcours chaotique, et après avoir beaucoup déçu l'investisseur boursier il faut le dire. Mais qui a le mérite d'exister, finalement, d'autant qu'on a aussi besoin de drones pour faire autre chose que la guerre, et que Drone Volt semble bien positionné pour ça.

Fabricant de drones

Basée à Villepinte (93), et cotée sur Euronext Growth depuis 2015, avec des filiales au Danemark et au Canada, la société Drone Volt a réalisé un chiffre d'affaires de 8,7 millions d'euros en 2025 avec une quarantaine de salariés, et deux activités à présent : i) Drone Volt Factory : la vente des drones qu'elle conçoit et produit elle-même, à partir de composants essentiellement européens, y compris et surtout les cartes électroniques, même si les moteurs et les hélices viennent de Chine, et animés par ses propres logiciels, IA y compris aussi, et, ii) Drone Volt Services & Academy : les services et les formations.

Des drones en tous genres

Le premier produit de la société est le Hercules 20, un drone multirotor (ou quadcoptère, pour les fins connaisseurs) qui peut emporter 15 kilos d'équipements divers et variés (outils, pulvérisateurs, caméras, capteurs, dérouleurs, etc…) et tenir l'air pendant 40 minutes. Et sa version High-Dra qui emporte un nettoyeur haute pression et le tuyau qui l'alimente en eau, et peut ainsi procéder au ravalement de toutes sortes de façades et de toitures sans avoir à monter d'échafaudage coûteux. Drone Volt a aussi développé le LineDrone, qui est à la fois volant et roulant, se pose sur les câbles de lignes de transport d'électricité à haute tension, les inspecte, et dans sa version DLR est capable de poser des capteurs qui servent à la gestion intelligente des réseaux. Et, dans tous les cas, évite les coupures de courants et les envois de techniciens sur les câbles, ce qui est très appréciable pour une compagnie d'électricité, comme on peut s'en douter.

Un peu de militaire/sécuritaire, mais pas trop

Drone est aussi un peu militaire avec un drone dédié à la surveillance et à la sécurité : le Kobra, qui emporte des capteurs optiques en tous genres, et un ordinateur de bord pour traiter les données et ls chiffrer aussi, et l'Héliplane LRS, un hybride de multirotor et d'avion miniature (disponible en trois tailles) qui décolle verticalement mais peut voler pendant 150 minutes sur 80 kilomètres. Et ramener toutes sortes d'informations recueillies par ses capteurs optiques et thermiques, en temps réel, bien entendu, avec une connexion à une station au sol : pour la surveillance encore, l'inspection, la photogrammétrie etc…

À lire aussi | Drone Volt voit ses marges progresser fortement

Tout cela pour dire que Drone Volt a des clients un peu partout, outre les sociétés qui font du nettoyage en grand : aux USA, avec un distributeur avant tout pour ses offres de surveillance et sécurité sur Hercules 20, en France avec la Marine Nationale qui utilise l'Hercules 20 et l'Heliplane, au Canada avec Hydro Quebec pour le LineDrone pour inspecter les lignes et les éoliennes, avec EDF et Enedis aussi, avec d'autres forces armées avec le Kobra, etc…, avec TotalEnergies pour la détection des fuites de méthane. Ce qui ne devrait que croître et amplifier avec des partenariats technologiques, comme celui noué avec UMag, qui fournira les capteurs de détection magnétique pour le déminage.

Et aussi de plus en plus de service

Drone Volt propose aussi à ses clients de faire le travail pour eux quand ça devient compliqué, et a les personnels qualifiés pour ça : inspection des bâtiments et des infrastructures difficiles d'accès, et en toute sécurité surtout, relevés topographiques et cartographies, biocontrôle des cultures, diagnostic agronomique, pulvérisation optimisée, etc… La société dispense aussi des formations complète de télépilote de drone, et pour l'utilisation de ses logiciels. Ce qui permet de créer aussi un réseau d'autoentrepreneurs sous-traitant pour les exécutions de petits chantiers au loin, et "ambassadeurs" de la société.

Des comptes 2025 nettoyés pour préparer la suite

Ne gagnant pas d'argent, et ayant même tendance à en perdre tous les ans, Drone Volt s'est infligé un "downsizing" drastique en 2025 avec la fermeture de deux filiales : Aerialtronics aux Pays-Bas et Drone Volt Benelux en Belgique, et la cession de Drone Volt Netherlands (ex-Skytool), après l'arrêt de l'activité de distribution de produits tiers, des drones chinois, pour être plus précis, au troisième trimestre 2024, et s'est recentré sur la production de ses quelques modèles de drones, la fourniture de services, et les formations de télépilotes de drones certifiés.

À lire aussi | Drone Volt va augmenter ses capacités en France et à l'international

La société a aussi levé des fonds, plus de 20 millions d'euros en tout en 2025 dans deux augmentations de capital, avec à la clé l'entrée d'un actionnaire américain : Armistice, qui détient à présent 17% du capital (et des bons de souscription d'actions aussi) et émis en tout 2 millions d'euros d'obligations et 1,8 millions en ORNANES avec un autre nouveau partenaire : Atlas Capital Market.

Ce qui fait que si Drone Volt est toujours en perte en 2025, sa marge brute s'est fortement améliorée de 13 à 37%, avec entre autres moins de chiffre d'affaires de pure distribution, ce qui est vraisemblablement un préalable pour devenir enfin rentable. Et son bilan au 31 décembre est tout à fait solide, avec pratiquement autant de liquidités en caisse que de dette financière, soit un endettement net proche de zéro. Et une situation de trésorerie nette largement positive d'environ  +1,7 million d'euros, et qui doit encore l'être après la dernière petite augmentation de capital d'avril 2026 qui s'est faite en placement privé à 0,46€ par action, et qui a apporté encore 3,8 millions d'euros de plus.

Une suite qui se présente bien, a priori

Bref : on a remis les compteurs à zéro avec l'aide de nouveaux actionnaires qui ont l'air d'y croire, et on repart de très bas d'une nouvelle base, ce qui laisse une marge de progression importante si, comme le consensus (de deux bureaux d'études de brokers sur Boursorama, ce qui est déjà assez pour faire un consensus) le prévoit, tout repart vers le haut. Soit toujours selon ce consensus des croissances de chiffre d'affaires de plus de +40% en 2026 et en 2027, et avec un peu de chance un Ebitda ramené à zéro cette année et positif l'année prochaine.

En attendant, la direction annonce de fait de nouveaux contrats de services, notamment avec Phoenix Tower, une présence renforcée aux USA, de nombreuses marques d'intérêts pour Kobra et l'Heliplane, et pour la version "spray" d'Hercules, etc… et la montée en puissance du grand contrat Hydro Québec. Qui augure bien de la suite, si l'on songe qu'avec l'électrification de tout, on n'a pas fini de développer des réseaux de transport d'électricité, comme il se dit d'ailleurs chez Nexans, qui fournit les câbles, et ailleurs. Et, pour qui prend le temps de s'arrêter aux résultats trimestriels, le T1-2026 est bien dans ce scénario, avec une croissance du chiffre d'affaire de +20% et un taux de marge brute à 67%.

Un bémol : un peu de dilution du BPA à prévoir si tout va bien

Le meilleur est donc devant nous si tout va bien, mais il convient de noter que les augmentations de capital se sont faites en partie avec des ABSA, autrement dit des Actions assorties de Bons de Souscription d'Actions nouvelles, et il y a fort à parier, toujours et encore si tout va bien, que tous ces BSA seront exercés un jour. Comme, par exemple, ceux de la dernière émission, laquelle a créé 8,36 millions de BSA, chacun d'entre donnant droit à acheter une action nouvelle à 0,56€, et ce pendant 60 mois à compter de l'émission. Tout ça pour dire que, si tout va bien, la dilution potentielle du bénéfice par action, alias BPA, n'est pas négligeable. Mais pas rédhibitoire non plus, puisque le nombre total d'actions composant le capital de la société pourrait passer selon la société de 77,5 millions actuellement à 85,9 millions de titres ("fully diluted" comme on dit en bon franglais financier).

Nous verrons bien, mais point n'est besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer, c'est bien connu. Et au lecteur de décider, de toute façon.

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3 commentaires

  • 13:02

    Surtout que c est plein d erreur


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